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« Pas le meilleur départ »

Nadine Swan a 22 ans et travaille depuis une année comme technicienne en télévision pour TeleBärn. Avant d’en arriver là, elle a fait des stages. Et pas que des bons. Johannes Supe

Nadine, avant d’arriver à TeleBärn, tu as fait un stage à Jump TV, la télévision de la région soleuroise. Pourquoi ?

Quand j’ai postulé en 2009 à l’Ecole des Beaux-Arts de Zurich, ils ont exigé que je passe par un stage dans le domaine du film. Jump TV a été le premier à répondre à ma postulation. J’ai pensé beaucoup apprendre dans une atmosphère détendue et être autonome dans mon travail. Jump TV s’était présenté comme une télévision innovante dirigée par des jeunes.

Tes attentes ont-elles été remplies ?

Non. A Jump TV, l’ambition était au rendez-vous, mais pas le savoir-faire. Personne n’avait une formation de journaliste vidéo. Nous nous déplacions pour filmer d’arrache-pied. Souvent dix fois plus que nécessaire. Puis on me disait : « Tâche d’écrire un compte rendu de vingt minutes. » Je devais tout visualiser pour essayer d’en tirer quelque chose. Une énorme perte de temps. Car il n’y avait souvent pas de concept ; l’essentiel manquait pour créer une histoire. De plus, personne ne maîtrisait correctement la technique. C’est très handicapant, car on ne pouvait pas vraiment travailler. L’ordinateur lâchait, un programme ne répondait pas. Nous devions consulter Internet en permanence. C’était très pénible. Enfin, j’étais toujours de corvée pour nettoyer. Avec le sentiment de gâcher mon temps et de n’appren­dre presque rien. Il arrivait souvent que le chef dise : « J’ai tra­vaillé hier jusqu’à 2 heures, à vous de venir vendredi. » Avec pour conséquence de devoir se coltiner ensuite tout le travail.

Question rémunération, qu’en était-il ?

Je touchais 300 francs par mois, mais pas sur une base régulière. Après environ trois mois et demi, on « m’a mise en vacances », sans salaire. Lors d’une grosse dispute, mon chef m’a menacée de me mettre à la porte avec effet immédiat. Illicitement. Ils ont dit aussi qu’ils me donneraient une attestation de stage ou un certificat inutilisables. Ce n’est qu’après avoir brandi la menace d’engager des démarches juridiques avec le soutien de syndicom que j’ai obtenu de résilier les rapports de travail d’un commun accord. Ensuite, mon salaire a encore été versé. Mais cela a été la croix et la bannière jusqu’à l’obtention de mon certificat de travail. Ce stage n’a vraiment pas été un début idéal dans la vie professionnelle.

Malgré tout, tu as accompli un autre stage…

Oui, à Telebilingue. C’était beaucoup mieux. Quoique je n’aie pas beaucoup gagné – au début 400 francs, après une demi-année 600 francs – mais j’ai vraiment appris quelque chose, je me suis sentie utile. Telebilingue avait besoin de ses stagiaires et savait aussi les apprécier à leur juste valeur. A la technique, nous étions jusqu’à deux stagiaires, jusqu’à cinq à la rédaction. Avec leur petit budget, ils ne pouvaient pas se financer autrement ; ils avaient toujours le maximum de stagiaires autorisé.

Quels sont les opportunités et les dangers liés à un stage ?

Les stages sont mal payés, notamment dans la branche des médias. La plupart du temps, 400 à 600 fr. sont versés. Si tu n’as pas la possibilité d’être soutenu par tes parents, tu peux oublier. Question apprentissage, tout dépend de l’entreprise. Laquelle peut te virer à tout moment. La plupart du temps, ils trouvent quelqu’un pour te remplacer. Même pour un travail stupide. Mais il faut souvent passer par un stage.

Quelles sont les possibilités de voir un stage déboucher sur un emploi ?

J’ai eu de la chance, j’ai réussi – grâce aux contacts créés durant mon stage. Mais il est impossible que tous trouvent un emploi. On ne peut pas s’attendre à trouver automatiquement un poste après le stage. La plupart s’entendent dire : « Nous gardons ton numéro. » Et rien ne se passe en fin de compte

Interview Johannes Supe

Stage & cie pour entrer dans les métiers des médias

Plusieurs chemins mènent aux métiers des médias, notamment les stages. Le stage est une carte de visite pour entrer dans la profession. Pendant dix-huit à vingt-quatre mois, on est engagé sur contrat fixe dans une rédaction et fréquente des cours dans des écoles de journalisme spécialisées [p. ex. la MAZ de Lucerne, l’école de linguistique appliquée, l’école de journalisme Ringier à Zurich, le Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM) en Suisse romande].

Pour les stages d’un an, il faut la plupart du temps un diplôme d’une haute école. Cette forme d’initiation au métier n’est plus très répandue. Par contre, le stage de courte durée a gagné en importance : souvent accompli en parallèle à la formation, il dure trois à six mois au maximum. Ainsi, l‘Institut de sciences des médias appliquées IAM (Institute of Applied Media Studies) à la Zürcher Fachschule de Winterthour met au concours des places de stage durant les études. Lors d’un stage, les conditions de travail et la rémunération sont souvent mauvaises, voire minables. Dès le départ, il est donc recommandé de conclure un contrat de stage pour en fixer par écrit les points principaux. En cas de questions ou de problèmes, les secrétaires régionaux compétents se tiennent à ta disposition dans ta région. (svo)

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