Revendications salariales 2023

Les syndicats revendiquent une augmentation générale de salaire de 4 à 5 %

Retour de l’inflation après des années de stagnation des salaires

Les négociations salariales de cette année seront essentielles pour les salarié-e-s. Après trois décennies, l’inflation a fait un retour fracassant et a grimpé à 3,5 %. Les prix de l’énergie tout comme les primes des caisses-maladie vont s’envoler. Or la situation économique reste excellente, et donc des hausses des salaires réels sont possibles et nécessaires. Les syndicats de l’USS revendiquent par conséquent des augmentations générales de salaire de 4 à 5 %, afin de compenser le renchérissement et d’en finir avec la stagnation des dernières années.

(USS) L’économie suisse s’est étonnamment vite remise de la crise due au coronavirus. La marche des affaires est bonne dans la grande majorité des entreprises. Les nouvelles positives l’emportent désormais jusque dans les branches d’activité malmenées par la crise, comme l’hôtellerie-restauration ou le secteur aérien. La situation de l’emploi s’est sensiblement améliorée, dans le sillage de cette rapide reprise. De nombreuses branches se plaignent d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée y compris, pour la première fois depuis longtemps, l’hôtellerie-restauration. Aussi les salaires et les conditions de travail jouent-ils un rôle clé un peu partout.

 


Retour de l’inflation après une longue stagnation des salaires

L’évolution salariale des dernières années a été insuffisante. Les écarts se sont à nouveau creusés. En 2022, les travailleuses et travailleurs à revenus bas et moyens ont moins gagné qu’en 2016, après déduction du renchérissement. L’absence d’inflation voire le renchérissement négatif ont conduit à une individualisation des rémunérations, qui a eu pour effet de creuser les écarts. La part des augmentations générales de salaire a chuté à environ 30 %.

Une longue phase marquée par un très faible renchérissement s’est achevée en automne 2021. Le renchérissement annuel devrait avoisiner 3 % en 2022. Un taux d’environ 3,5 % est à prévoir durant les mois où ont lieu les négociations. Par ailleurs, les primes des caisses-maladie augmenteront en 2023 de 5 à 10 %. « Les négociations salariales 2022/23 marquent un tournant décisif dans la politique salariale. Sous l’effet du renchérissement, les augmentations générales sont redevenues un enjeu central. Sans de telles hausses, beaucoup de salarié-e-s subiront une baisse de pouvoir d’achat », a expliqué Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS.

Les fédérations de l’USS revendiquent des augmentations de 4 à 5 %

Les fédérations de l’USS revendiquent des hausses de salaire de 4 à 5 %. Leur revendication salariale s’articule en trois volets. Premièrement, il faut une compensation du renchérissement de 3 à 3,5 %. Deuxièmement, les salaires réels doivent progresser d’env. 1 % par an, sur la base des gains de productivité. Troisièmement, un besoin de rattrapage se fait sentir, à cause de l’évolution salariale insuffisante des dernières années. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, est formel : « Si au vu de tels chiffres on n’adapte pas les salaires à la réalité de la hausse du coût de la vie, quand va-t-on le faire ? »

« La main-d’œuvre du secteur du trafic aérien s’est serré la ceinture pendant ces années de crise », relève Sandrine Nikolic-Fuss, du syndicat du personnel de cabine. « Il incombe désormais aux entreprises de tenir leurs promesses aux négociations salariales et d’augmenter les rémunérations. Et de ne plus verser de salaires inférieurs à 4000 francs. »

Vania Alleva, présidente d’Unia, a fait remarquer que de nombreux secteurs comme la construction, les arts et métiers ou le commerce de détail ont le vent en poupe. Même l’industrie a d’excellentes perspectives. « Le moment est donc venu pour des augmentations de salaire réelles et tangibles. L’économie peut se le permettre », a-t-elle encore souligné.

Le besoin d’augmentations de salaire se fait également sentir dans la branche logistique, soumise à de fortes pressions. « La crise du coronavirus a fait exploser le commerce en ligne. Le personnel de la logistique a été reconnu comme d’importance systémique. Il a besoin aujourd’hui de meilleurs salaires. Il faut en priorité adapter le salaire minimum scandaleusement bas fixé par la PostCom », a exigé Matteo Antonini, responsable du secteur logistique de syndicom.
 

Discours de Matteo Antonini

 

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