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Les communs, alternative concrète aux privatisations

Lors du Congrès « Reclaim Democracy », l’atelier « Démocratie et communs » organisé par le chercheur zurichois Lukas Peter a attiré notre attention. Il rend visible la notion de « communs/commons », très intéressante pour les syndicats.

 

Cette notion de communs est débattue dans les Forums sociaux altermondialistes depuis 2001 déjà et Elinor Ostrom a reçu le « Prix Nobel » d’économie en 2009 pour ses travaux démontrant l’efficacité économique des communs. De quoi intéresser le mouvement syndical qui se bat pour la défense du service public.

Des bisses en Valais à Wikipedia

Mais de quoi s’agit-il ? Le système d’exploitation Linux, les logiciels libres, Wikipédia et les licences Creative Commons sont les exemples les plus célèbres de communs numériques modernes qui fonctionnent. Très en vogue dans les grandes villes, les jardins partagés constituent une autre forme de commun populaire. D’autres formes de communs, comme la gestion de l’eau par des bisses en Valais, remontent à plusieurs siècles. Qu’il s’agisse d’écologie, de défense des services publics ou de technologie, les communs ont pour principal attrait de dessiner une alternative pratique aux logiques de commerce et de contrôle, mettant l’accent sur la co­opération et le partage, et redonnant du pouvoir et de l’autonomie aux simples citoyens. Pas de simples ressources comme les « biens communs », les communs renvoient à un ensemble de pratiques sociales collectives.

David Bollier, chercheur indépendant et militant américain qui se consacre depuis une quinzaine d’années à cet enjeu, notamment dans son livre La renaissance des communs , résume bien l’intérêt de la notion » « Davantage qu’une critique, les communs proposent une vision : le moyen d’imaginer et de mettre en œuvre des alternatives effectives, en puisant dans une histoire et des traditions très riches, des principes juridiques vénérables, et d’innombrables expériences concrètes d’organisation alternative de la production ou de la gouvernance. Les communs nous aident à sortir du carcan de l’économie néolibérale et son univers d’individualisme et de propriété privée, en créant des alternatives concrètes et fonctionnelles. »

L’ennemi mortel » les enclosures

L’ennemi mortel des communs, ce sont les enclosures. Ce mouvement de clôtures a commencé en Angleterre au XVIe siècle. Des champs ouverts et pâturages communs cultivés par la communauté ont été convertis en pâturages pour des troupeaux de moutons. Le mythe de Robin des Bois apparaît suite à ce mouvement des enclosures par lequel les nobles anglais ont privatisé les « commons » qui permettaient jusqu’alors aux cultivateurs, éleveurs et charbonniers de vivre sur un territoire n’appartenant auparavant à personne.

Aujourd’hui de nouvelles formes de clôture apparaissent notamment dans le brevetage du vivant. Les enclosures sont une entreprise de privatisation et de marchandisation des ressources dont dépendent les « commoneurs » – les usagers d’un commun – pour leurs besoins essentiels. « Lorsque des entreprises s’accaparent des terres publiques, construisent des centres commerciaux sur des espaces urbains auparavant utilisés comme lieux de réunion publique, brevètent le génome humain ou acquièrent des terres utilisées depuis des générations par des peuples indigènes, il ne s’agit pas seulement de ‹ privatisation › au sens classique du terme, indique David Bollier. Il s’agit de vol pur et simple, souvent avec la complicité des gouvernements. Les enclosures peuvent détruire la culture et l’identité d’une communauté. Elles impliquent de convertir des groupes dotés du sens du collectif en individus isolés, en employés et en consommateurs : en créatures du marché. »

Une notion encore en construction

Bien sûr l’idée de communs peut aller à l’encontre de l’idée de droits d’auteurs. Photographes et journalistes – défendus par leurs syndicats – se battent pour vivre décemment de leur métier face à des éditeurs qui leur font renoncer à leurs droits, notamment sur la Toile. Le problème, c’est qu’il n’existe pas encore de modèle de rémunération pour les acteurs des communs. Comme toujours quand on parle d’alternatives à la logique salariale, le débat sur la création d’un revenu universel et inconditionnel revient sur le tapis. Et l’économie collaborative du partage que promeuvent les communs est détournée de son sens par les nouveaux acteurs disruptifs. Mais « chez Uber ou Airbnb, rien n’est partagé ! » dénonce Michel Bauwens, un des théoriciens des communs.
Le mouvement des communs est une histoire ouverte qui se déroule en ce moment-même. Il intéresse de près le mouvement syndical qui a donné corps aux notions de coopérative, d’autogestion et de mutualisme. « La thématique du commun correspond à un désir profond. Il ne suffit plus de contester par la mobilisation sociale et politique classique, il s’agit de faire et de vivre autre chose en construisant de nouveaux liens, en changeant la nature de l’activité, en modifiant le rapport à la propriété », constate le sociologue Christian Laval, auteur avec Pierre Dardot de Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle , qui insiste sur le fait qu’« un mouvement ne se décrète pas, il se développe sans qu’on puisse dire où il ira et quelle sera sa force ».

Sites » www.les-communs-dabord.org/ ; www.remixthecommons.org/; OntheCommons.org ; www.commoner.org.uk/;

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