Il est difficile de chiffrer le temps que les adolescent-es et les jeunes adultes passent réellement en ligne. Il existe certes de nombreuses études représentatives, dont les résultats varient parfois considérablement. Toutes s’accordent toutefois sur un point : les personnes de 20 à 29 ans passent plus de temps sur Internet que tout autre groupe d’âge. Les réseaux sociaux sont donc particulièrement efficaces pour les atteindre.

La SSR touche les jeunes grâce aux réseaux sociaux 

On affirme souvent que les jeunes se détournent des médias, qu’ils et elles seraient même « dépourvu-es » d’informations. Les évaluations internes de la SSR contredisent toutefois cette affirmation. Plus de la moitié des utilisateur-trices de ses publications sur les réseaux sociaux ont moins de 35 ans. Le groupe cible le plus jeune utilise donc bel et bien les contenus journalistiques, du moins lorsqu’on l’atteint là où il se trouve.

La Suisse romande montre l’exemple

La radio et la télévision romandes y parviennent particulièrement bien. Selon son service de presse, la RTS touche chaque semaine deux jeunes sur trois âgé-es de 15 à 34 ans en Suisse romande, tous canaux confondus. Avec quelque 620 000 abonné-es sur TikTok et 490 000 sur Instagram, la RTS enregistre également des chiffres records à l’échelle nationale. Elle est suivie par la SRF, qui compte environ 430 000 abonné-es sur Instagram et 180 000 sur TikTok.

La question de savoir si la SSR pourra continuer à fournir du contenu à cette immense communauté d’abonné-es après l’acceptation de l’initiative visant à réduire de moitié son financement fait l’objet d’un désaccord. Le comité à l’origine de l’initiative est convaincu que la SSR pourra continuer à remplir sa mission d’information, y compris sur ses canaux en ligne et sur les réseaux sociaux. La SSR conteste fondamentalement cette affirmation.

Si l’initiative est acceptée, elle ne pourra pas maintenir son offre en ligne actuelle, selon une déclaration faite à syndicom. La SSR part du principe que les contenus financés par la redevance réduite seront destinés à des canaux et programmes plus traditionnels. Le Conseil fédéral partage également cette opinion.

La fin du service public numérique ?

Pour maintenir sa présence en ligne, la SSR devrait donc trouver d’autres sources de financement. Or, c’est précisément là que réside le problème : les recettes commerciales de la SSR sont en baisse depuis des années et ne représentent actuellement plus qu’environ 20 % de son budget total. Cela ne permet pas de financer une offre numérique professionnelle en quatre langues. À cela s’ajouteraient des problèmes de mise en œuvre : une séparation stricte entre le numérique et le direct n’est pas compatible avec la manière dont les contenus médiatiques sont produits aujourd’hui. De plus, la SSR n’est pas autorisée à diffuser de la publicité sur ses stations de radio ni sur ses plateformes numériques.

Selon l’initiative, la SSR devrait donc réaliser des économies précisément là où elle touche aujourd’hui le public le plus large et surtout le plus jeune : en ligne. Or, un service public qui ne touche plus les jeunes ne remplit plus sa mission.

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