Les bénéfices augmentent – le personnel reste sur le carreau
La Poste présente un bénéfice de 139 millions de francs pour le premier semestre 2026 et une croissance du volume des colis. Pour syndicom, les chiffres montrent avant tout une chose : L’« automatisation du démantèlement » prévue par le conseiller fédéral Rösti et approuvée par la Poste, qui entraînerait une dégradation massive de la qualité de la distribution et du service public, ne se justifie ni sur le plan objectif ni sur le plan économique. Il en va de même pour les mesures d’économies en cours concernant le personnel.
Comme l’avait prévu syndicom, le volume des colis augmente considérablement, à l’inverse de la baisse attendue par le DETEC. Cela signifie qu’il est possible de mieux exploiter le canal de distribution de la distribution mixte. Un colis, de par son volume, génère nettement plus de chiffre d’affaires et de ressources qu’une lettre. C’est pourquoi la croissance et le recul des colis et des lettres ne peuvent pas être simplement exprimés en termes quantitatifs et ventilés par canaux de distribution. Les prévisions du Conseil fédéral en matière de quantité, sur lesquelles il s’appuie pour justifier « l’automatisation du démantèlement » prévue (révision en cours de la loi sur la Poste), sont erronées.
David Roth, coresponsable du secteur Logistique du syndicat syndicom, affirme :
Les chiffres contredisent l’affirmation selon laquelle un démantèlement massif du service public serait inéluctable. La forte croissance des colis montre que les réseaux de distribution peuvent être maintenus avec leur qualité actuelle. L’automatisation du démantèlement à la Rösti va dans la mauvaise direction.
Pas de dividendes au détriment du personnel et de la population
Pour syndicom, c’est clair : les bénéfices réalisés doivent avant tout servir à améliorer la qualité des services, les conditions de travail et les investissements nécessaires. Il est inconcevable que la réduction les prestations fasse l’objet de discussions, alors même que la Confédération cherche à augmenter les bénéfices et les distributions de dividendes. Les moyens financiers sont disponibles. Ils doivent être utilisés là où ils créent une plus-value durable : dans le service universel, dans les infrastructures et pour les employé-es.
En finir avec la stagnation des salaires réels
Les employé-es de la Poste ont contribué ces dernières années avec un grand engagement à garantir les résultats du groupe. Dans le même temps, un grand nombre de travailleur-euses ont dû subir une baisse continue de leurs salaires réels. Compte tenu de la bonne marche des affaires, syndicom invite la Poste à présenter des améliorations substantielles lors des prochaines négociations salariales.
David Roth de renchérir :
Quiconque présente de bons résultats doit aussi être prêt à faire participer au résultat les employé-es de manière appropriée. Les salaires des employé-es de la Poste doivent enfin à nouveau augmenter de manière sensible ; la longue stagnation des salaires réels doit prendre fin.
Suppression d’emplois malgré des résultats positifs
C’est avec inquiétude que syndicom constate que la Poste poursuit les suppressions de personnel dans l’ensemble du groupe. Au cours des derniers mois, de nombreuses restructurations et mesures de démantèlement ont été annoncées, notamment dans l’informatique, chez PostFinance, RéseauPostal, Digital Health et IMS, ainsi que dans d’autres unités du groupe. Le syndicat critique que malgré des bénéfices stables et une évolution positive des affaires, des emplois continuent d’être supprimés et externalisés ou que des unités entières ferment. Cela affaiblit la qualité des prestations et augmente la pression sur les travailleur-euses qui restent.
La charge de travail insoutenable dans la distribution reste irrésolue
La situation dans la distribution reste particulièrement urgente. Depuis des années, l’augmentation du volume des colis entraîne une charge de travail devenue insupportable. Même si la Poste a annoncé à plusieurs reprises des solutions durables, les améliorations tangibles se font toujours attendre. Les résultats semestriels actuels démontrent que la croissance du volume des colis n’est pas un phénomène passager. Il est donc d’autant plus important que la Poste investisse maintenant de manière systématique dans des effectifs suffisants, une organisation du travail viable et des conditions de travail saines.
Un service public plutôt qu’une politique de démantèlement
Pour syndicom, c’est clair : l’évolution actuelle des affaires de La Poste ne justifie en rien une pression accrue sur le personnel ni une réduction du service postal universel – et encore moins son automatisation. En lieu et place, il faut des investissements dans la qualité du service public, des salaires équitables et des emplois sûrs. Les travailleur-euses sont le principal facteur de succès de la Poste. Pour garantir le service public de demain, il faut donc avant tout investir dans les personnes qui le font fonctionner au quotidien.