L’IA bouleverse le travail : les collaborateur-trices exigent d’être consulté-es, formé-es et protégé-es
Une nouvelle étude réalisée par Ecoplan à la demande de syndicom le montre clairement : l’intelligence artificielle (IA) est depuis longtemps devenue incontournable dans le quotidien professionnel des branches TIC. Les travailleur-euses concerné-es font état de gains d’efficacité, mais évoquent aussi des exigences plus élevées, l’intensité accrue du travail, leurs incertitudes et une pression croissante.
Le sondage montre que l’IA modifie avant tout des activités distinctes, pas des métiers entiers. L’expertise, la faculté de jugement et l’apprentissage permanent restent primordiaux. De nombreuses personnes interrogées souhaitent davantage de possibilités de formation continue, des informations transparentes sur les opportunités et les risques de l’IA ainsi qu’une meilleure implication dans la mise en œuvre de la transformation numérique.
Pour Carol Ghiggi, la secrétaire centrale pour le secteur TIC :
Le recours à l’IA doit s’opérer de manière socialement acceptable et se concentrer sur les intérêts des travailleur-euses.
Nouvelles revendications basées sur les résultats de l’étude
Le syndicat tire des résultats de l’étude les revendications suivantes : droits de participation forts dans le cadre de l’introduction de l’IA, protection des emplois, réduction du temps de travail et conditions de travail équitables, règles contraignantes en matière de protection des données, réglementation claire de la responsabilité pour les erreurs commises par l’IA, un droit à la formation continue et au perfectionnement ainsi que la participation des travailleur-euses aux gains de productivité résultant de la numérisation et de l’IA.
L’IA ne doit pas profiter qu’aux entreprises. Les travailleur-euses, qui contribuent à porter la transformation numérique, doivent pouvoir participer aux décisions concernant leurs conditions de travail et bénéficier de manière équitable des gains d’efficacité réalisés.
La conférence crée une compréhension mutuelle
Le vendredi, 4 septembre dans le cadre d’une conférence tenue à Berne, syndicom a discuté des conséquences de l’IA sur le travail dans les branches TIC avec des représentant-es de Swisscom, de Sunrise et de Microsoft. Tout le monde est d’accord : compte tenu de l’absence actuelle de dispositions légales et de l’impact de l’IA, un dialogue constructif entre les partenaires sociaux est essentiel pour définir les règles d’entreprise nécessaires et garantir une communication claire au sein des entreprises.
Swisscom utilise l’IA selon des principes clairs en matière de protection des données, d’éthique et de gouvernance, et accorde une grande importance à la transparence vis-à-vis de ses client-es et de ses collaborateur-rices. L’IA modifiant tant les tâches que les profils professionnels, Swisscom mise sur la formation continue, la reconversion professionnelle et une transition socialement responsable, afin que ses collaborateur-rices puissent participer activement à cette transformation.
Anne-Thérèse Morel, Head of B2O Operations & Executive Vice President at Swisscom B2B
L’IA déploie toute sa valeur ajoutée là où les personnes ont le courage et les compétences nécessaires pour innover. C’est pourquoi, chez Sunrise, nous créons les conditions permettant à nos collaborateur-rices de tester les technologies de manière autonome, de travailler de façon smart et d’exploiter de nouveaux potentiels. Outre des outils adaptés et des formations ciblées, le développement d’un esprit critique est primordial : c’est la capacité à remettre en question les résultats, à vérifier leur fiabilité et à les mettre en pratique de manière responsable qui fait toute la différence.
Andreas Gertsch, Vice President Consumer Platforms, Sunrise