Arc jurassien : mandaté par les employé-es, syndicom dénonce la « stratégie du choc » de La Poste
Lors de la conférence de presse qui s’est tenue ce matin à 9h à la Brasserie du Jura à Neuchâtel, syndicom a dénoncé la pression que subissent les collègues du RéseauPostal (PostNetz).
Dans l’Arc jurassien, les employé-es de RéseauPostal vivent en effet une restructuration d’une portée inédite pour les cantons de Neuchâtel et du Jura. Par son ampleur, 19 offices devraient fermer ou être transformés, mais aussi par l’attitude de La Poste. Pour rappel, lors de son annonce de fermeture de 170 bureaux de poste d’ici à 2028 sur tout le territoire suisse, La Poste promettait une restructuration sans licenciements, comptant sur des départs dits « naturels » (retraites, départs volontaires).
La réalité est bien différente. Selon les informations récoltées par syndicom, sur un total de 150 postes, entre 30 et 40 postes de travail, au moins, sont appelés à disparaître, soit près d’un quart du personnel. Et ce, sans qu’un plan social ou des mesures d’accompagnement ne soient activés en amont.
Des départs forcés
Mandaté par 120 employé-es (sur 150, soit 80 % du personnel), syndicom a recueilli des dizaines de témoignages de collègues épuisé-es. Elles et ils dénoncent une pression « inhumaine », afin de démotiver les collaborateur-trices et les inciter au départ. syndicom a reçu des messages alarmants concernant des objectifs de vente accrus, des menaces disciplinaires, une sous-planification systématique, une communication inexistante, voire malveillante, quant à l’avenir de leur emploi.
Une incertitude sur l’avenir
Les employé-es sont constamment laissé-es dans l’incertitude. Au lieu de mettre en place un licenciement collectif, planifier les départs et activer un plan social, La Poste agit au cas par cas et met tout en œuvre pour inquiéter les collègues sur leur avenir. Lorsqu’un office ferme, les contrats sont modifiés pour changer le lieu de travail et le taux d’occupation. Forcé-es de travailler plus loin et pour moins de salaire, les collègues démissionnent.
Nous avons peur de l’instabilité permanente, où l’on peut perdre son travail si l’on n’accepte pas les propositions faites. Les femmes avec enfants par exemple ne peuvent pas forcément accepter des déplacements d’offices, des horaires qui changent tous les jours, ce n’est pas pour rien si elles ne sont pas très nombreuses.
nous dit Véronique, 61 ans, buraliste dans le Jura.
Une même pression s’exerce pour demander de prendre une retraite anticipée à des collaborateur-trices qui n’ont même pas encore 60 ans, ou de ne pas revenir après une maladie.
Marc, 62 ans :
On nous fait comprendre que nous sommes de trop, que l’on coûte trop cher.
Une pression quotidienne
À cette pression s’ajoute celle, quotidienne, de la charge de travail et des objectifs de vente. Forcé-es de proposer un produit commercial à chaque client, les collègues ne reconnaissent plus leur métier
Marc, 62 ans:
Nous ne sommes plus au service des gens, nous sommes devenus des vendeur-euses et on nous oppresse tellement que nous avons la sensation de harceler les clients. Nos résultats sont fliqués et cela vire à l’obsession. Des collègues pleurent avant de venir travailler, d’autres ne trouvent plus le sommeil, les collègues sont en souffrance et les responsables sont les coupables.
Une stratégie du choc indigne de La Poste
Cette « stratégie du choc » est indigne de La Poste. Celle-ci a en effet les moyens financiers et les méthodes pour mettre en place une restructuration qui respecte les employé-es, assure leur avenir à La Poste, ou garantisse des départs dignes et dans de bonnes conditions.
Pour cela, syndicom demande :
- L’arrêt immédiat des pressions exercées sur les employé-es ;
- La fin des objectifs de ventes ;
- Que la Poste assume la réduction des effectifs et annonce un licenciement collectif, avec une planification des départs et l’activation d’un plan social ;
- Un guichet volontaire de départs et la mise en place d’une aide au départ à la retraite anticipée dès 58 ans.



