3000 ans « d’esclavage » pour une mauvaise traduction
Le doyen honoraire de l’université catholique de Louvain, André Wénin, a publié un livre intitulé : » D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain « en 2007, chez Cerf à Paris.
Que nous apprend-il ? Dieu a dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » et nous sommes bien d’accord avec lui. Il a fait plus. Il lui a donné une compagne. Mais comment ? Selon ce connaisseur des anciens textes, le mot qui est traduit par « côte » dans Genèse 2 versets 21 et 23, ne l’est que dans cette phrase qui affirme que Dieu prit une côte d’un Adam endormi pour « fabriquer » une femme. Or, les 48 fois que le mot TSELA est utilisé, il est traduit par côté. S’ajoute que le mot ADAM veut dire l’humain et il est traduit par homme. Dès lors il eût fallu traduire : Dieu prit un côté de l’humain pour en faire le vis à vis (face à face ?) dont l’homme avait besoin pour vivre heureux. Même si toutes les traductions supposent des nuances dues au contexte, on peut se demander si ce lointain traducteur n’était pas déjà fort misogyne ? Il n’en demeure pas moins que St Paul n’hésite pas. Il affirme dans Timothée 2, v. 11 « Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence » et aux versets 12 et 13 « Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme…c’est Adam en effet qui fut formé le premier. Eve ensuite ». S’ajoute le 14 pour faire bon poids : « Et ce n’est pas Adam qui fut séduit, mais c’est la femme qui, séduite, tomba dans la transgression ».
Si ces textes bibliques ne sont que très peu connus et utilisés de nos jours, ils ont joué un rôle important au cours des millénaires pour justifier l’attitude supérieure, voir arrogante, de la gent masculine dans toutes nos civilisations. C’est à l’occasion du culte du dimanche 8 mars, consacré depuis longtemps aux droits de la femme, que notre pasteur, Olivier Delachaux, nous a informés de cette mauvaise traduction. Merci à lui. Il ajoute cependant que Paul n’était pas aussi misogyne que les versets ci-dessus peuvent nous le faire penser puisque dans Galates 3 V.28 il affirme : » Il n‘y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus l’homme et la femme car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. »
Pierre Aguet