Daniel Bilenko

Daniel Bilenko a été journaliste radio à la RSI pendant plus de vingt ans. « J’ai réalisé beaucoup de reportages pour Il Quotidiano, de débats pour l’émission Modem et au microphone de Rete DUE. J’ai eu beaucoup de chance : cela a été beau de pouvoir évoquer une région que j’aime. Maintenant tout a changé. Le climat politique, le paysage médiatique. Le plan d’économie de la SSR ne m’a pas épargné. J’ai été convoqué le 16 juin 2025 par téléphone – et j’ai été licencié le lendemain. Beaucoup ont vécu la même chose que moi. Je n’ai pas toujours pas d’emploi fixe. Je redessine ma vie professionnelle à la REC, en tant que créatif. La votation du 8 mars 2026 est une guillotine, qui, une fois déclenchée, décapiterait la vie professionnelle et familiale de milliers de personnes au Tessin et en Suisse. »

Davide Briccola

Davide Briccola est en train de finaliser le montage d’un documentaire pour les 20 ans de Radio Gwen, une radio indépendante qui parle du territoire en accordant une attention particulière à l’inclusion et aux jeunes. Pour lui, l’article 27 de la concession du Conseil fédéral à la SSR est vital, à savoir : la SSR attribue une part adéquate de mandats à l’industrie audiovisuelle indépendante des diffuseurs en Suisse. « Cela est important pour faire progresser le secteur, pour les coproductions avec les pays voisins et pour l’échange de connaissances. »

Olmo Cerri

« Le 8 mars, il y a beaucoup en jeu : la possibilité de continuer à produire une culture indépendante et établie dans la région », dit Olmo Cerri, réalisateur et podcasteur, fondateur de l’association REC. « Si l’initiative était acceptée, c’est l’existence même de notre association qui est en danger. Nos emplois et ceux des nombreuses personnes qui collaborent avec nous risquent de disparaître. Ces chiffres n’apparaissent même pas dans les statistiques des collègues licencié-es par la SSR. Nous sommes toutes et tous indépendant-es. Et donc invisibles. »

Coursier à vélo

Un coursier à vélo livre la pizza à midi. Ce n’est qu’un petit exemple de chaîne d’activité économique générée par la RSI au Tessin. Selon une étude de BAK Economics AG, en 2022, la RSI a acheté pour 85 millions de francs de biens et de services à des fournisseurs externes. Équipements techniques, matériel informatique, biens de consommation, mais aussi nettoyage, fourniture d’eau et d’électricité, entretien des installations, etc. À cela s’ajoute toute l’activité économique générée au Tessin par les personnes et entreprises qui reçoivent des mandats, comme la REC ou toutes les autres entités créatives et culturelles qui collaborent avec la RSI.

Sabrina Montiglia

« Je ne travaille pas directement pour la RSI », explique la photographe indépendante Sabrina Montiglia. « Au fil des ans, j’ai collaboré à des films et à des projets culturels, et j’ai réalisé des photos de tournage. Tout cela est possible grâce à un réseau qui soutient la production indépendante. La REC est un lieu très important : ce n’est pas seulement un espace de coworking, mais aussi un endroit pour se rencontrer et partager des idées. Beaucoup d’entre nous travaillent grâce à des collaborations avec la RSI. Cette votation me touche de très près. Je ne parle pas en tant qu’employée, mais que personne qui vit chaque jour cet écosystème créatif. Que tout cela puisse disparaître m’angoisse. »

Devenir membreDéfiler vers le haut