« Nous, les jeunes, nous devons nous engager »
Texte : Salim Staubli
Photo : František Matouš
Je suis ingénieure DevOps chez Swisscom. DevOps est la contraction de développement et d’opérations : mon rôle est de mettre en place des processus et des outils qui vont de la création au déploiement et la maintenance d’un site ou d’un logiciel. J’aime commencer ma journée de travail par un café et un échange avec mes collègues. Et puis c’est parti : je trie les nouvelles tâches quotidiennes, je planifie les mises à jour des systèmes avec l’équipe, je teste de nouveaux appareils et de nouvelles fonctionnalités, puis nous examinons ce que nous pouvons encore optimiser.
Nous utilisons souvent l’intelligence artificielle (IA). Elle joue avant tout un rôle de soutien, par exemple pour rédiger les procès-verbaux des réunions. Nous utilisons désormais l’IA aussi pour notre service Blue TV, où elle génère les sous-titres. L’édition alémanique du Tagesschau peut ainsi être suivie en italien et en français. Depuis une année environ, nous proposons également un chatbot développé en interne, comparable à ChatGPT, mais offrant des solutions sur mesure pour répondre aux besoins de notre clientèle.

De manière générale, j’ai une opinion positive de l’IA, car elle facilite grandement le travail au quotidien. En revanche, la question des deep fakes me préoccupe. Je suis certaine que nous, les humains, ne serons bientôt plus en mesure de distinguer les vidéos et les images réelles des faux générés par l’IA. Aujourd’hui déjà, les enfants et les jeunes prennent les contenus générés par l’IA pour argent comptant, sans les remettre en question. J’espère que nous allons apprendre à ne pas tout croire aveuglément.
L’engagement syndical est important pour moi.
Dans le domaine professionnel et privé, je constate à quel point les suppressions d’emploi touchent les collègues, à n’importe quel âge. Certain-es ont trouvé un nouvel emploi à l’interne, d’autres ont dû se réorienter hors de l’entreprise. Le manque de transparence me dérange. Au détour d’un couloir, on apprend que des postes disparaissent dans différents départements, mais officiellement, on ne sait rien. Cela engendre des peurs et de l’insécurité chez les collaborateur-trices. Je souhaite plus de transparence de la part de la direction.
Le moteur principal de mon engagement est lié à mon âge. Il est important que les plus jeunes s’engagent au sein des syndicats. Ensemble, nous pouvons être une voix forte. Pour qu’à l’avenir, ce ne soient pas seulement nos systèmes qui soient mis à jour, mais aussi nos conditions de travail.
La convention collective de travail entre Swisscom et syndicom est réputée être l’une des plus progressistes de Suisse. Cela prouve qu’il vaut la peine de s’impliquer !
Michaela Schwestermann, domiciliée à Guin, travaille à Berne comme ingénieure DevOps chez Swisscom, avec qui syndicom a négocié une convention collective de travail (CCT). À l’assemblée des délégué-es de syndicom de cette année, Michaela Schwestermann a été élue comme nouveau membre du comité central pour le secteur TIC. La nature et la montagne sont son oxygène, sur son snowboard en hiver et en randonnée, à vélo ou sur son paddle en été.