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Des écarts qui se creusent

L’Union syndicale suisse réclame des réformes fiscales etune hausse d’au moins 2 milliards des subsides pour les primes maladie, pour combler les écarts croissants de revenu.

 

Ces vingt dernières années, la politique suisse a perdu la boussole sociale. Au lieu de corriger le fort creusement des écarts de salaire, les politiques ont augmenté, et non allégé, la charge supportée par les ménages de salarié·e·s ordinaires. C’est pour­quoi l’Union syndicale suisse (USS) veut des hausses de salaire pour les personnes à bas ou moyens revenus, en particulier pour les titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC) ; cela, via des réductions plus fortes des primes des caisses maladie et un relèvement des rentes AVS.

Le tout dernier rapport de l’USS sur la répartition des revenus et de la fortune en Suisse présenté le 5 janvier ne laisse subsister aucun doute : les écarts de revenus entre les personnes à gros salaires et les salarié·e·s « normaux » continuent à largement se creuser. Depuis 1996, les salaires du 1 % le mieux rémunéré ont augmenté, en termes réels, de 40 % environ, alors que cette hausse n’était que de 8, respectivement 12 % pour les bas et moyens revenus. Et les personnes professionnellement actives au bénéfice d’un CFC (diplôme le plus élevé) ont dû se contenter de moins de 5 %. L’évolution des revenus des personnes à la retraite est encore plus inégalitaire que pour les salarié·e·s, car les 2e et 3e piliers prolongent et accentuent à cet âge les déséquilibres de la vie active. S’y ajoute que, relativement à l’évolution économique, les rentes AVS perdent toujours plus de leur valeur et ne suivent pas le rythme de l’évolution des salaires.

Fiscalité pour les riches

Au lieu d’intervenir pour corriger ces faits, les politiques ont même renforcé l’évolution toujours plus inégalitaire des salaires : les classes de revenu supérieures ont vu leur charge fiscale s’alléger (surtout impôts directs), quand les bas et moyens revenus voyaient la leur s’alourdir fortement, à cause de la hausse de taxes et, surtout, des primes des caisses maladie. En fin de compte, le revenu disponible réel des personnes à petits salaires a baissé de 200 fr. (personnes vivant seules), respectivement de 190 fr. (couples avec 2 enfants) entre 2002 et 2012. Le revenu des classes de revenu moyen a stagné, alors que le 1 % le mieux rémunéré a eu 1930 fr., respectivement 2860 fr. de plus dans son porte-monnaie.

Pour retrouver la boussole sociale, l’USS demande une hausse des subsides servant à financer les réductions des primes maladie. Aucun ménage ne doit être contraint de consacrer plus de 10 % de son revenu à ses primes ; dans une deuxième étape, l’objectif devra être de 8 %, comme le but social formulé à la fin des années 1990, lors de la révision de la loi sur l’assurance-maladie.

Des hausses substantielles de salaire s’imposent

Vu le résultat modeste des négociations salariales pour 2015, des hausses substantielles de salaire s’imposent pour les bas et moyens revenus, en particulier les titulaires d’un CFC. Des hausses générales sont indiquées ici, dans le cadre des conventions collectives de travail, et non des hausses individuelles, car ces dernières profitent avant tout aux revenus les plus élevés.

Enfin, pour atténuer les différences de revenu des personnes à la retraite, il faut développer l’AVS, une assurance au financement social, comme le demande l’initiative « AVSplus : pour une AVS forte ». Au lieu d’affaiblir la principale assurance sociale qu’est l’AVS, comme le ferait le projet « Prévoyance vieillesse 2020 » (relèvement de l’âge de la retraite des femmes, retrait partiel de la Confédération du financement de l’AVS, frein aux dépenses), il faut la renforcer. (USS)

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