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Les dangers du télétravail

Toujours plus d’employeurs découvrent que le télétravail est « bon marché ». Ils répercutent en effet leurs frais d’infrastructure et de loyer sur leurs employé·e·s. Or, pour ceux-ci, le télétravail est souvent synonyme de plus de stress et d’isolement. C’est pourquoi ils doivent tout d’abord être mieux protégés, notamment au moyen de l’enregistrement sans faille de leur durée de travail.

Une enquête sur le télétravail, « SchweizerischeUmfrageHomeOffice2012 », pu­bliée cet été par la Fachhochschule Nordwest­schweiz (FHNW) montre un fait étonnant : 45 % des personnes occupées régulièrement à du télétravail n’enregistrent pas leur durée de travail et expliquent travailler selon un horaire basé sur la confiance. C’est beaucoup, car sur l’ensem­ble de la population dite active, « seulement » 16,7 % disent en faire autant.

Selon la Loi sur le travail, seules les personnes qui « exercent une fonction dirigeante élevée » ou une « activité scientifique » (art. 3a) ont le droit de ne pas enregistrer leur durée de travail, soit bien moins que 3 % de la population active ; cela, pour la bonne raison qu’enregistrer la durée de son travail est la meilleure façon de se protéger contre le stress psychosocial qui peut mener, en fin de compte, à l’épuisement professionnel, aux dépressions et à d’autres problèmes de santé.

sans enregistrement de la durée
du travail, pas de loisirs !

52 % du télétravail est effectué par des télétravailleuses. Or, les femmes restent toujours exposées à la double charge du travail professionnel rémunéré et des tâches d’assistance et de soins non rémunérées. 54 % disent souffrir de troubles du sommeil légers à moyens. C’est en rapport avec le fait que le télétravail doit être plus souvent effectué le soir, ce qui nuit à la qualité du sommeil et, à long terme, met la santé en danger.

Concernant le bien-être, il faut aussi citer ici un risque sanitaire psychosocial qui survient lorsque d’importants efforts personnels sont demandés au travail pour une faible reconnaissance. 31 % des télétravailleurs et télétravailleuses vivent cette crise et ne se sentent pas assez appréciés, de même que leur travail. Les crises de gratification sont aussi un risque sanitaire psychosocial et augmentent la probabilité de tomber malade. Pour y parer, il faut que l’employeur puisse régulièrement échanger face à face avec ses collègues, respectivement ses chefs. C’est pourquoi au minimum 40 % du temps de travail devrait être prévu dans la centrale (et pas en télétravail) pour de tels échanges.

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