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L'USS demande qu’un tournant de politique économique soit pris

Au lieu de faire des migrants les boucs émissaires de problèmes dont nous sommes nous-mêmes responsables, il faut procéder à un tournant de politique économique. Cette exigence a été défendue avec force ce vendredi par les 400 délégué(e)s du congrès de l’USS. De fait, les vrais problèmes qui se posent dans ce pays sont de nature sociale et ils ont pour nom : pression sur les salaires, poids des primes des caisses maladie, stress et précarité de l’emploi. Autant de problèmes qu’un repli sur soi ne peut qu’aggraver.

Pour que les gros salaires et les patrons ne soient pas les premiers à profiter d’une plus grande prospérité, il faut que plus de travailleurs et travailleuses soient protégés par des conventions collectives de travail (CCT). La couverture conventionnelle, par CCT donc, doit passer à 60 %. À cet effet, le Conseil fédéral et le Parlement doivent réduire les obstacles posés à l’extension des CCT. De bonnes CCT constituent au-delà, grâce à des réglementations claires de la durée du travail, un outil efficace contre l’augmentation du stress au travail. Elles permettent aussi de mieux concilier travail et famille, et de diminuer les discriminations salariales à l’encontre des femmes. Pour que ces dernières ne soient plus discriminées, il faut cependant aller plus loin. Outre l’obligation faite aux entreprises de contrôler leurs salaires sous l’angle de la discrimination, que propose le Conseil fédéral, celles-ci doivent aussi être contraintes d’éliminer les discriminations constatées. Et une autorité de contrôle, qui intègre les partenaires sociaux, doit réaliser concrètement le principe de l’égalité.

Des mesures de renforcement des revenus sont de toute urgence nécessaires. Il n’est pas acceptable que la croissance des salaires réels des salarié(e)s ordinaires se trouve immédiatement réduite à néant par la hausse des primes des caisses maladie. L’USS demande par conséquent une hausse substantielle des subsides destinés aux réductions de ces primes. À l’avenir, ces dernières ne devront pas dépasser au maximum 10 % du revenu des ménages. Dans ce but, la Confédération et les cantons doivent relever d’environ 2 milliards de francs les subsides affectés aux réductions des primes, au lieu de serrer la vis. À moyen terme, le poids des primes ne devra pas dépasser 8 % du revenu, comme le voulait la révision de la loi sur l’assurance-maladie des années 90, et à long terme, cette assurance devra être financée en fonction des revenus, comme toute assurance sociale.

Les congressistes ont débattu de manière intense des conséquences de l’acceptation de l’initiative « Contre l’immigration de masse ». Ils ont réaffirmé que les Accords bilatéraux devaient être préservés, qu’il fallait empêcher de nouvelles discriminations et que les mesures de protection des salaires et des conditions de travail devaient être améliorées. La Suisse ne peut pas se permettre de faire cavalier seul. Les accords bilatéraux revêtent une grande importance pour la prospérité et les emplois. Ils garantissent aussi que les personnes qui exercent une activité lucrative et ont un passeport européen ne soient pas discriminés. Ce principe doit continuer à s’appliquer demain. Les besoins en main-d’œuvre ne doivent pas être satisfaits à travers des permis de séjour de courte durée. L’USS combattra toute nouvelle discrimination comme par exemple avec l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier. Les salaires et les conditions de travail doivent être mieux protégés. Il faut notamment aussi une protection contre le licenciement et les formes de travail précaire. En effet, il ne sera possible de gagner une nouvelle votation sur la voie bilatérale que si les intérêts sociaux sont respectés et que le principe selon lequel, en Suisse, on doit verser des salaires suisses, est appliqué.

Dans une résolution qu’il a adoptée, le congrès de l’USS appelle à combattre Ecopop, une initiative dangereuse et inhumaine. Ecopop accentuera les pressions sur les salaires et détériorera les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Elle attisera aussi la xénophobie en Suisse. Après un débat chargé d’émotion, le congrès a clairement fait savoir que l’USS combattrait énergiquement toute nouvelle forme de discrimination fondée sur le statut de séjour. Dans ce contexte, elle a lancé, à travers un film émouvant intitulé « Interdits et cachés. Des enfants de saisonniers racontent » une campagne de sensibilisation contre l’introduction d’un nouveau statut de saisonnier.

Dans d’autres résolutions, l’USS a demandé que la Suisse se retire des négociations sur l’accord TISA. Un tel accord sur la libéralisation des services induirait inévitablement une pression à la libéralisation de nombreuses tâches de service public, comme dans la l’approvisionnement en eau, la santé et la formation, ainsi que les transports publics.

Lors de son deuxième jour de congrès, l’USS a en outre réélu le conseiller aux États Paul Rechsteiner président, ainsi que Vania Alleva (coprésidente d’Unia) et Giorgio Tuti (président du SEV) respectivement vice-présidente et vice-président de l’USS.

Jeudi déjà, l’USS avait décerné au dessinateur de presse Philippe Bécquelin, alias Mix & Remix, son Prix culturel de l’USS doté de 10 000 francs. (USS)

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