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« Nous faisons du très bon travail »

Martin « Tinu » Oesch est chef d’équipe en charge du traitement du courrier au centre logistique d’Ostermundigen. Un centre que La Poste compte fermer progressivement dès mi-2018. « Sous réserve des résultats de la procédure de consultation, près de 15 emplois à temps complet risquent de disparaître », lit-on dans un communiqué de presse de début octobre. Sans licenciement promet La Poste. La puissance des machines de tri à Härkingen est sans doute la raison principale de la fermeture du centre logistique d’Ostermundigen. 

En ce bel après-midi d’automne, Tinu Oesch, 45 ans, arrive au guidon de sa moto à notre rendez-vous sur la terrasse du café. Chaque fois que le temps le permet, il se rend à moto au travail. Il s’assied et commence à raconter : « Nous avons déménagé ici en 2008, lorsque le centre de logistique à la Schanzenpost de Berne a fermé dans le cadre du projet REMA (Reengineering Mailprocessing). On nous avait alors avertis qu’à l’échéance du contrat d’une durée de dix ans il faudrait trouver une autre solution. » Cette « autre solution » consistera probablement à fermer le centre logistique d’Ostermundigen.

chef d’équipe engagé et énergique

Actuellement, le centre logistique d’Ostermundigen occupe 96 personnes réparties dans 69 unités de personnel. Tinu Oesch conduit une équipe de dix-huit personnes, dont trois travaillent à 100 %. Les autres sont engagés à temps partiel. Avec l’annualisation du temps de travail, cela permet d’être flexible. Mais pour ce chef d’équipe engagé et très énergique, les conditions-cadres ont changé : « Lorsque nous avons appris en juin la fermeture probable du centre logistique, le personnel était très inquiet. Je n’ai pas bercé d’illusions mes collègues, mais leur ai conseillé d’envisager de travailler à Härkingen ou de chercher un nouveau poste. »

vite Comprendre ce qui se passe

En tant que chef d’équipe, Tinu Oesch conduit de nombreux entretiens. Il lui arrive parfois d’aborder spontanément ses collègues quand il les surprend pensifs devant les machines. Il insiste pour qu’ils se décident « maintenant ». Ceci implique toutefois de bien se connaître. Il semble que certains n’ont pas encore compris que le changement interviendra rapidement. Ils croient qu’on veut juste leur faire peur pour qu’ils cherchent un autre poste. D’autres considèrent la situation actuelle comme une opportunité pour trouver un emploi plus social que les équipes du soir et de nuit à La Poste. D’aucuns postulent un peu partout, alors que d’autres préfèrent attendre – comme lui.

« syndicom nous donne plus de poids »

Le chef d’équipe de 3616 Schwarzenegg BE est au service du géant jaune depuis 1988. Après un apprentissage à Aarberg, il travaille à la Schanze à Berne, où il apprend à conduire des chariots élévateurs et des remorques. Ensuite, il œuvre pendant douze ans au service ambulant, puis comme conducteur. « C’était le bon vieux temps ! La vie était dure, mais j’ai appris à travailler de manière autonome. » Après la suppression du service ambulant, il trouve un poste au dépôt de la Schanze et obtient son CFC. La Poste a payé ma formation en vue du projet REMA. « Un certificat s’impose au cas où ils nous balanceraient sur le marché libre », analyse pragmatiquement Tinu Oesch.

La mise en œuvre de REMA a coïncidé avec la fermeture de la Schanze. Alors que quelques employés donnent leur congé de manière inattendue, Tinu Oesch devient chef d’équipe du nouveau centre logistique d’Ostermundigen. Depuis la restructuration d’il y a deux ans, il dirige l’équipe en charge de l’affranchissement et de la préparation des envois. Dès le début de sa carrière professionnelle, Tinu s’est affilié au syndicat. « syndicom nous donne plus de poids. Il représente nos intérêts et consolide notre force. De plus, je sais toujours où trouver des personnes compétentes au syndicat pour répondre à des questions juridiques. »

Fibre sociale et responsabilités

Tinu Oesch a suivi une formation pour devenir spécialiste de la conduite de groupe. « J’ai découvert que j’ai une fibre sociale, que je conduis volontiers une équipe et me sens à l’aise en groupe. » Il est l’aîné de quatre frères et sœurs, a toujours pratiqué un sport d’équipe et depuis vingt ans, il gère une école de hockey à titre bénévole. « J’assume volontiers des responsabilités. Et j’ai un esprit d’équité très développé. » Il n’a pas oublié qu’il a commencé au bas de l’échelle avant d’être nommé supérieur hiérarchique. Il sait ce que cela signifie de faire partie d’une équipe et dit souvent à ses subordonnés : « Vous êtes uniquement responsables de votre travail. L’évaluation des performances est de mon ressort. Ce qui compte, c’est que tous sachent que nous faisons du très bon travail ! »

revendications envers La Poste

Dans le cadre de la procédure de consultation, des idées sont rassemblées. Selon Tinu Oesch, la plupart des employés concernés ne croient pas être en mesure d’influencer la suite du processus. Le chef d’équipe a néanmoins informé sur ses revendications envers La Poste : « Si Härkingen devait se concrétiser, alors les employés à temps partiel devraient pouvoir accomplir plusieurs heures d’affilée pour éviter si possible de longs trajets. De plus, l’employeur devrait payer les frais de transport. » Un grand nombre de personnes concernées cumulent un deuxième emploi : « elles font des nettoyages, travaillent dans un bureau, s’occupent de travaux de conciergerie ». Les possibilités au sein de La Poste pour exercer ces métiers doivent être tirées au clair. Et La Poste devrait prévoir de l’argent et payer des formations.

Tinu Oesch n’en veut pas à son employeur. Il comprend qu’« une entreprise de cette dimension n’a pas vraiment le choix. Dans l’économie privée, la situation est encore bien plus difficile. Mais vous devriez me poser à nouveau la question après la publication des offres d’emploi ». Son propre avenir professionnel à La Poste en dépend aussi. A la ferme de son frère, il aide déjà à organiser des « fêtes d’anniversaire » pour les enfants et pourrait s’imaginer développer cette offre. Le projet « Agriculture et handicap » l’intéresse aussi. Il pourrait envisager de rattraper l’apprentissage d’agriculteur. Une autre possibilité consisterait à être homme au foyer, car la maman de ses trois fils est malade. « Je sais que dans la vie, tout peut changer d’une seconde à l’autre. »

Bras de fer à Ostermundigen

Après que PostMail a informé d’une probable suppression de postes à Ostermundigen, syndicom a organisé une assemblée du personnel en dehors du lieu de travail, le 13 août. Le découragement était alors grand. Pourtant, à l’unanimité, les personnes présentes ont mandaté syndicom pour qu’il participe en leur nom à la procédure de consultation. Une deuxième assemblée du personnel s’est déroulée le 12 septembre, avec un taux de participation plus élevé. Nous avons pu y concrétiser nos propositions pour le maintien des emplois. Mais La Postes n’a toujours pas répondu à notre prise de position, et nous attendons sa décision avec impatience. Une troisième assemblée du personnel sera organisée pour analyser le résultat, et discuter des prochaines mesures. syndicom et l’équipe du secrétariat régional de Berne accompagneront tous les membres sur ce long chemin, aussi individuellement – et quoi qu’il arrive !

Andreas Keller, responsable de région

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