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Une « génération 9 février » ?

L’acceptation de l’initiative UDC dite « contre l’immigration de masse » n’a pas fini de faire parler d’elle. On ne compte plus le nombre de réactions suite à l’acceptation par le peuple suisse du texte agrarien. Les gens semblent découvrir aujourd’hui les conséquences négatives qui vont découler du vote du 9 février dernier. Pourtant, les choses étaient claires dès le départ. Il s’agira maintenant de « sauver les meubles » autant que faire se peut.

Les premières conséquences concrè­tes annoncées par l’Union Européenne (UE) concernent le monde estudiantin ainsi que celui de la recherche. Le couperet est rapidement tombé. L’UE gèle la participation de la Suisse aux programmes européens de formation « Erasmus + », de recherche européen « Horizon 2020 » et de promotion du cinéma MEDIA. La suspension du programme « Erasmus + » a des conséquences directes et très concrètes pour les étudiant·e·s. Les échanges linguistiques ainsi que les possibilités d’étudier à l’étranger vont immanquablement se compliquer, quand bien même ce programme connaissait un succès considérable.

ligue b et bricolage

Concrètement, dès la rentrée scolaire prochaine, les universitaires ne pourront plus se rendre à l’étranger tout en bénéficiant du soutien de l’UE. La Confédération s’est certes engagée le 7 mars à créer un mode de financement complémentaire et à élaborer des solutions transitoires concernant les programmes dans les domaines de la formation et de la recherche ainsi que de la promotion du cinéma dans le but d’offrir, à l’avenir également, aux Suisses la possibilité de participer indirectement au programme européen d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport Erasmus +. L’argent ne remplace toutefois pas le réseau, l’échange, l’expérience ou la renommée du fait d’obtenir des financements avec Horizon 2020. La Suisse, reléguée en Ligue B, ne jouera plus dans la cour des grands. La Suisse veut s’isoler : les étudiants ne connaîtront plus qu’une participation indirecte. Du bricolage. Alors que la jeune génération du cinéma suisse cartonne avec Ursula Meier (L’enfant d’en haut), Lionel Baier (Les grandes ondes) ou Jean-Stéphane Bron (L’expérience Blocher), les producteurs suisses craignent l’isolement avec la fin du programme MEDIA.

une balle dans le pied

La Suisse s’est bien tiré une balle dans le pied. Même l’UDC semble aujourd’hui se rendre compte des conséquences de l’acceptation de son initiative. A croire que ce parti ne souhaitait pas voir son texte accepté mais uniquement pouvoir se profiler une fois de plus sur le thème de l’immigration. A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler !

Le monde étudiant monte aujourd’hui aux barricades pour demander des solutions rapides. L’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) s’est déclarée « choquée, mais pas surprise ». Une fois le choc passé, bon nombre d’initiatives ont été prises et en particulier sur les réseaux sociaux. On pourra notamment citer la pétition en ligne lancée par la Jeunesse socialiste suisse qui revendique le droit de « ne pas faire nos études dans une prison politique de l’éducation. Erasmus doit être sauvé ! ». Le Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ), dont le GI Jeunesse de syndicom est membre à travers la commission jeunesse de l’USS, a également adressé une lettre ouverte aux autorités européennes et helvétiques afin d’exiger que la jeunesse ne paie pas le prix de la votation du 9 février dernier.

Blocher, Roi des Suisses ?

Comme dans une mauvaise farce, se prenant pour le roi des Suisses, Christoph Blocher a demandé aux étudiants qui rencontraient des problèmes avec Erasmus de lui écrire personnellement. Il a reçu entre 500 et 700 demandes d’aide de la part des étudiants et des chercheurs. Pour sa part, le site créé par la Jeunesse socialiste vaudoise (Helpline-Blocher.org) a enregistré 1200 messages, mais seuls 250 dossiers, après un gros tri, ont finalement été envoyés à Christoph Blocher qui juge – très sévèrement – que seules 12 demandes étaient crédibles. Selon Mathias Reynard, conseiller national socialiste valaisan, en débat sur la RTS, une fois de plus l’UDC fait des belles promesses mais se dégonfle quand il s’agit de passer à l’acte alors que ce parti a mis la Suisse dans une situation très compliquée sans proposer de solutions de rechange.

Reste maintenant à savoir si ces différentes initiatives permettront à une nouvelle génération politique d’émerger comme cela a été le cas en 1992 après le refus – déjà serré à 50,3 % – du peuple suisse d’adhérer à l’espace économique européen (EEE). Ce pourrait être là le seul résultat positif de cette acceptation.

Pétition de la JS Suisse : http://juso.ch/fr/erasmus

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