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Du courage pour une nouvelle politique

Le rapport de la Commission fédérale des médias (COFEM) aboutit à la conclusion que la qualité et la diversité du journalisme sont menacées en Suisse. Malgré quelques propositions importantes, la COFEM manque de courage pour s’attaquer vraiment aux défaillances qui résultent de la crise des médias. Yves Sancey

 

La Commission fédérale des médias (COFEM) a présenté le 5 septembre son premier rapport à Berne. Le document, très attendu, confirme un constat répandu : les conditions-cadres sont de plus en plus précaires, la charge de travail laisse peu de place aux enquêtes de fond, les différentes régions subissent le monopole ou, au mieux, l’oligopole des grands groupes de presse, et aucun modèle économique convaincant n’a encore été trouvé. Le constat sur l’état de la profession est accablant : « les conditions de travail se sont détériorées, avec des cycles de publication accélérés, un temps de travail compressé, des tâches multimédia et une pression accrue au rendement. » Face à ce sombre constat, la COFEM avance des pistes.

Propositions dévastatrices

En ce qui concerne l’aide indirecte à la presse associative, ses propositions – comme celle de renoncer aux rabais postaux au profit d’autres instruments – ont été jugées « dévastatrices » par syndicom, le PS et Arbus. La majorité de la commission ignore la contribution fournie par la presse associative à la formation de l’opinion démocratique. Sa proposition pour que cette dernière renonce désormais aux produits imprimés ne correspond pas aux besoins réels. Un encouragement indirect via des taxes postales préférentielles reste la solution appropriée pour la presse associative. Une minorité de la commission – et cela est à souligner – abonde dans ce sens.

D’autres justes mais générales

Le paquet proposé par la COFEM pour compenser la suppression de l’aide indirecte à la presse contient des mesures encore très hypothétiques. Les déclarations de la COFEM sur la promotion de la formation et du perfectionnement journalistique sont certes justes, mais jugées trop générales. Que faut-il concrètement promouvoir et avec quels moyens ? La question reste ouverte. syndicom et le PS saluent la proposition de renforcer l’ATS, sous conditions.

Ce paquet de mesures, qui demeurent hypothétiques, n’a pas convaincu la branche. Au sein même de l’ATS, des voix s’élèvent face à l’idée que la seule source de dépêches du pays soit soumise à un contrôle renforcé du gouvernement.

Fondation salvatrice ?

Dans un second temps, les experts souhaitent mettre une fondation sur pied, à l’image de Pro Helvetia­ pour la culture. Cette structure subventionnerait la recherche sur les médias, la création de start-up dans le domaine de l’information, et certaines « prestations journalistiques remarquables ».

syndicom et le PS saluent cette proposition de créer une fondation pour l’aide aux médias. Mais le rapport reste malheureusement vague en ce qui concerne la mise en œuvre d’une telle fondation.

Par le passé, les nombreuses tentatives qui ont été entreprises pour remplacer l’instrument insatisfaisant de l’encouragement indirect à la presse par une aide directe et effective ont échoué, notamment parce qu’elles auraient impliqué une modification de la Constitution. Aujourd’hui, le besoin est plus grand que jamais de franchir cet obstacle. Dans l’intervalle, il s’agit d’examiner dans le cadre de la Constitution les possibilités existantes d’une aide directe, notamment aux médias et au journalisme en ligne, ont plaidé syndicom, le PS et Arbus.

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