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Le scandale des lacunes de prévoyance chez les femmes

En Suisse, les femmes reçoivent aujourd’hui au moins un tiers de rente de moins que les hommes.

Gabriela Medici © Thomas Egli

Cette importante lacune au niveau des rentes montre la répartition inégale des opportunités d’emplois et de revenus entre les sexes. Car les femmes exercent en majorité des métiers pénibles dans le domaine de la santé, des soins, du nettoyage et de la vente. Parallèlement à une activité rémunérée, ce sont aussi les femmes qui effectuent le travail non rémunéré indispensable à la société. Elles s’occupent de leurs petits-enfants, de leurs (beaux-)parents vieillissants et de proches malades. Les femmes gagnent en moyenne presque un cinquième de moins que les hommes (sur un salaire à plein temps).

Leur revenu effectif est même inférieur de 43,3 %. Ces différences ne s’expliquent pas seulement par la discrimination salariale, mais résident aussi dans le choix professionnel et la carrière des femmes, qui sont davantage influencés par du travail de prise en charge non rémunéré. Il manque en effet des places de crèche abordables en Suisse, si bien que les mères doivent souvent prendre le relais et réduisent leur taux d’occupation ou renoncent complètement à un travail rémunéré. Quatre femmes sur cinq travaillent aujourd’hui à temps partiel. Dans les couples, elles accomplissent l’essentiel du travail ménager et de prise en charge non payé, au sacrifice de leur sécurité financière. Conséquence : le travail d’un grand nombre de femmes conduit donc aujourd’hui à des rentes basses indignes.

Malgré cette situation, le Parlement veut faire payer l’AVS précisément aux femmes en réduisant leurs rentes AVS. C’est fatal, car les femmes ne peuvent compter que sur l’AVS à la retraite. Rien qu’au cours des dix prochaines années, leurs rentes doivent être réduites de 7 milliards. Et ce n’est que la première étape : l’âge de la retraite à 67 ans pour tout le monde est déjà programmé. Pour protéger nos rentes et notre principale assurance sociale, il est absolument nécessaire de voter NON à l’AVS 21.

Gabriela Medici, Secrétaire centrale de l’USS en charge des assurances sociales


Wébinaire «Non à l'AVS 21» à la Grève féministe le 14 juin 2022

Dossier Prévoyance vieillesse

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